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Édito
par La rédac' Bubble - le 26/11/2021
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par La rédac' Bubble - le 26/11/2021

Bubble expédie vos albums : VPC et C&C, ennemis jurés ou meilleurs alliés ?

Depuis la mise en place de la commande en ligne en 2017 avec la livraison à domicile nous avons parfois des messages de membres Bubble inquiets à l’égard de leur librairie. À quoi font-ils allusion ?

Bubble ayant 2 canaux d’achats (la vente par correspondance (VPC) et la réservation avec retrait en librairie (C&C)) sur une même page web, les visiteurs vont-ils privilégier un canal plutôt qu’un autre ? Les clients des librairies vont-ils changer d’habitude et passer tous leurs achats en livraison à distance ? Ou au contraire, les clients en livraison à distance vont-ils se mettre à aller réserver leurs commandes dans notre réseau de librairies partenaires ?

IIl est toujours facile d’opposer ces 2 façons d’acheter et nous avons voulu creuser le sujet en profondeur pour apporter des éléments de réponses à ce débat aussi passionné que passionnant.

Page produit de Bubble où on voit les 2 canaux de vente

Idée reçue n°1 : La vente par correspondance cannibalise les ventes en librairie

Les chiffres de l’étude réalisée sur environ 17 000 acheteurs Bubble montrent le contraire. Pour aller plus loin, nous vous livrons le résultat de nos analyses qui en disent plus sur le comportement de nos utilisateurs.

Les faits et les chiffres

Sur l’ensemble des personnes utilisant Bubble depuis le début :

  • 44.4% d’entre eux n’ont fait QUE des commandes en ligne, 
  • 40.0% d’entre eux n’ont fait QUE des retraits en libraires,
  • 15.6% d’entre eux ont effectué des achats sur les deux

Ces chiffres sont intéressants à plus d’un titre. Regardons d’abord les personnes avec une unique habitude d’achat.

→ 84.4% des acheteurs sont “mono-canal”. C’est-à-dire que 100% du temps ils utilisent soit la livraison à distance, soit le click & collect en librairie. On voit que ces utilisateurs ont leur façon préférée d’acheter des albums et ce, quelles que soient les options proposées. 

Ils n’ont donc qu’une seule manière d’acheter. Ce sont des utilisateurs avec leurs habitudes, parfois ancrés dans leurs convictions, et tenter de les forcer vers une autre méthode d’achat en particulier n’aurait pour conséquence que de les faire fuir. 

Il y a dans ces acheteurs des personnes qui ont refusé de faire des commandes en ligne alors qu’ils étaient bloqués chez eux pendant le confinement pour rester fidèle à leur libraire et en même temps des gens qui commandent tous leurs albums en ligne alors qu’une librairie se trouve à 2 minutes à pied de chez eux.

Ensuite, on trouve une part minime des acheteurs, moins de 2 sur 10, plus ouverte aux options d’achats et qui va privilégier une option plutôt qu’une autre en fonction de leur situation du jour. Cela peut être des acheteurs qui vont se rendre dans leur librairie ce mois-ci et vont faire une réservation là ou le reste du temps ils auraient fait une commande en livraison à domicile. Ces utilisateurs sont exigeants et pragmatiques, ils ont besoin des 2 options pour répondre à leur désir de choix. Ne pas proposer telle ou telle option d’achat les auraient fait passer sur un autre site web.

La devanture de la librairie Bulles de Salon 17 à Paris (©Bulles de Salon)

Idée reçue n°2 : le lecteur urbain achète en librairie, et les lecteurs loin des villes se font livrer à domicile

Depuis 20 ans que la vente en ligne existe, les habitudes sont maintenant plutôt stabilisées et le constat est là, loin des préjugés. Il n’y a pas de typologie de l’acheteur à distance ou du client en librairie, tous les profils existent, et c’est ce que nous constatons en regardant une autre étude interne basée sur les codes postaux des acheteurs Bubble. Cette étude montre d’ailleurs, mais de manière très marginale, que les urbains achètent très légèrement plus en ligne que les ruraux (environ 5%). Les acheteurs changent d’habitude au gré de leur vie, de leurs changements de job, de lieux de résidence, de leurs convictions et de leur temps.

Concrètement, il y a de tout. Cela peut être contre-intuitif mais il y a des acheteurs habitant à 20m d’une librairie qui préfèrent se faire livrer par correspondance en payant 10€ de frais de port avec chronopost 24h, et il y a des acheteurs qui font 50 km une fois par mois pour faire leurs achats en librairie.

Idée reçue n° 3 : contraindre l’acheteur dans une seule voie l’obligera à acheter

C’est une pratique courante sur le web mais les clients sont rois et préfèrent voir toutes les possibilités d’achats qui s’offrent à eux. C’est bien pour cela que la plupart des marques ont ouvert des stratégies “omnicanal” et offrent la possibilité de retirer dans un magasin physique ou de se faire livrer.

Autrement dit, cela ne fonctionne pas de mettre des œillères aux acheteurs. Ils sont en perpétuel mouvement, ils sont libres et peuvent changer d’avis à tout moment selon le contexte ou leurs choix de vie. Nous avons tous un jour refusé de faire un achat, car notre mode de paiement préféré n’était pas disponible ou parce que le mode de livraison ne nous convenait pas.

Le secret pour une enseigne est donc de proposer de nombreuses options pour répondre aux besoins de tous ses potentiels acheteurs. Toutefois, comme nous l’avons au travers des chiffres, on constate que cette liberté ne se traduit pas toujours par une versatilité et des changements d’habitude, bien au contraire même. 

Le click & collect : un canal d’achat encore méconnu

Il existe une autre vertu à montrer toutes les possibilités d’achat aux acheteurs. Certains découvrent et adoptent ces nouvelles solutions avec leur librairie. En témoigne ce chiffre issu d’un sondage réalisé avec la communauté Bubble sur 1513 personnes. 53% des personnes interrogées (372 personnes ont répondu à cette question) ignoraient l’existence du click & collect et 36.8% n’avaient jamais essayé.

Le click & collect de Bubble est pour de nombreux libraires un accès à ce nouveau canal digital pour leur commerce. Leur librairie y est “ouverte” 24h/24, 7j/7 avec une consultation du stock en temps réel. Beaucoup d’entre elles n’ont ni site web ni canal d’achat digital, faute de temps à y consacrer. Cet espace digital est un avantage pour les lecteurs mais aussi pour les libraires : lors de leur passage en librairie, les acheteurs réduisent leur temps d’attente. Autre avantage, 50% d’entre eux achètent des albums en plus de leur commande initiale, une fois sur place.

La devanture de la librairie Krazy Kat à Bordeaux

À nos débuts en 2018 nous avions 10 librairies connectées et aujourd’hui nous sommes heureux et très fiers d’en compter 110. Le réseau grandit et de plus en plus de librairies qui ouvrent, adoptent le réflexe digital du click & collect avec leurs clients. 

Les fonctionnalités s’enrichissent pour les librairies mais aussi pour les acheteurs et on ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Nous militons pour que la bande dessinée se démocratise, qu’elle soit accessible à tous et cela passe par des initiatives comme le click & collect pour les librairies.

À sa façon Bubble lutte contre les géants du commerce en ligne

Un autre chiffre sorti de ce sondage nous rend fiers : 53.8% des gens qui font des commandes en ligne sur Bubble les faisaient avant sur des grands sites. À notre petite échelle, certes, nous participons à contrer Amazon. 

Idée reçue n°4 : Le confinement a modifié nos comportements vis-à-vis des libraires

Si le premier confinement de début 2020 a permis à de nombreux e-commerçants de faire un bon significatif en termes de vente, il n’a pas détourné les lecteurs Bubble de leur libraires. Chez Bubble, nous avons vu une augmentation de nos ventes en ligne d’environ 30% en mars-avril 2020 mais une augmentation du click & collect à la sortie du confinement en mai de 400%. Les acheteurs click & Collect ont tout simplement attendu le mois de mai pour retourner voir leur libraires préférés et beaucoup de librairies pourront vous confirmer qu’ils ont fait des ventes exceptionnelles ce mois-ci.

Lors du second confinement de 2020 en fin d’année, les libraires ont pu rester ouverts en gagnant la bataille du “commerce essentiel”. On observe cette fois dans nos chiffres de vente que le click & collect a largement dépassé les vente en ligne pendant les mois de novembre et décembre 2020.

La devanture de la librairie La Tête à Toto à Paris

Bientôt des BD livrées chez vous en 15 minutes ?

Le marché de la bande dessinée se porte bien et affiche une belle croissance à 2 chiffres en 2021. Rappelons que ce n’est pas le cas de tous les secteurs du livre. Le nombre de librairies spécialisées BD Comics Mangas est en nette progression depuis quelques années ce qui tire toute la filière du 9e art vers le haut.

En parallèle, il y a la croissance des usages digitaux qui continuent leur bonhomme de chemin où tous les moyens apparaissent bon pour gagner du temps et du confort dans nos habitudes d’achats. Nous assistons actuellement à la course effrénée des nouvelles entreprises (Fink, Gorillaz…) qui livrent vos courses dans les grandes villes en moins de 15 minutes. 

Y a t-il des personnes intéressées par des livraisons express de BD en moins de 15 minutes ? Est-ce quelque chose que nous voulons pour les biens culturels comme les BD Comics Mangas ? Aujourd’hui on ne sent pas ce besoin, et à part les derniers jours avant noël, il y a une vraie tolérance sur les délais d’attente pour obtenir les livres que l’on souhaite.

Nous sommes impatients de lire vos commentaires sur ce débat très passionné ici ou sur les réseaux sociaux. La prochaine fois nous traiterons en détail l’épineux sujet de l’emballage des commandes. 

Nicolas & Benoit


Image principale  : © Adrian Tomine / New Yorker

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